Carnet de voyage de la 40e édition du marathon des sables

Nous sommes le 13 avril, il est 12h14 heure locale.

Nous sommes à l’aéroport de Marrakech, assis par terre, pour attendre notre vol de 19h10.

Le bus est parti à 6h ce matin de l’hôtel Karam Palace à Ouarzazate

Laurent a profité au maximum de sa nuit de sommeil, je me suis levée à 5h pour petit-déjeuner.

Et avant, que s’est-il passé ? Vous attendez tous le retour de cette belle aventure…

Laurent et moi nous retrouvons à la gare de Saint-Pierre-des-Corps mercredi 1er avril pour emprunter le TGV qui nous dépose à Roissy-Charles de Gaulle. Nous arrivons un peu avant 21h pour décoller à 6h du matin le jeudi.

Jeudi 2 avril

Nous arrivons à Marrakech dans la matinée et sommes accueillis par les bénévoles du Marathon des Sables (MDS).

Nous attendons de monter dans les bus affrétés pour nous conduire à Ouarzazate.

En partant vers 12h et après 5h de route, nous arrivons à destination.

Laurent et moi prenons un petit taxi pour nous rendre à notre hébergement.

Nous finalisons nos sacs, dîner light et une bonne nuit de sommeil.

Vendredi 3 avril

À 8h30, c’est le grand départ pour le désert, 6h de route en bus.

40 bus attendent les quelques 1 500 participants.

Nous avons discuté avec Christian qui en est à sa 38e édition.

A l’arrivée au bivouac en milieu d’après-midi, le tapis rouge est déroulé pour nous accueillir et nous avons le droit à la haie d’honneur des gilets bleus, gilets orange, chameliers et leurs chameaux.

L’ambiance est extraordinaire.

Nous nous installons dans notre tente berbère, la 51 (comme le pastis). Les femmes sont en majorité, et oui ça peut arriver, 5 contre 3.

Nous sommes les derniers de la tente à arriver, nous posons nos affaires et les présentations sont faites.

A 18h, c’est le moment du discours d’accueil de l’organisation. Il fait encore chaud.

La 40e Ă©dition du MDS, c’est 30% de femmes et 68 nationalitĂ©s reprĂ©sentĂ©es, 1 500 coureurs et c’est surtout l’édition avec l’étape la plus longue de toute l’histoire, un 100 km.

C’est aussi la participation de Léon dans sa joëlette, emmenée par l’association « Su sable dans les yeux ».

C’est notre premier dîner dans le désert, repas lyophilisé.

Samedi 4 avril

La nuit a été un peu compliquée, j’ai eu froid même dans un duvet en plumes.

RĂ©veil naturel, nous devons ĂŞtre prĂŞts Ă  9h pour rendre la valise Ă  l’organisation (elle nous attendra Ă  notre hĂ´tel), et la matinĂ©e est consacrĂ©e Ă  la vĂ©rification du sac et du matĂ©riel obligatoire, sa pesĂ©e (12 kg environ sans l’eau pour chacun d’entre nous deux, avec pour moi près de 20 000 kcal au lieu de 14 000), la vĂ©rification des certificats mĂ©dicaux et ECG, Ă  la distribution des dossards.

Après-midi de repos en attendant le briefing détaillé à 16h30. Il est suivi d’une grande photo prise par un drone où le chiffre 40 est formé par tous les participants.

Demain le grand jour, le désert nous ouvre ses portes pour vivre une expérience extraordinaire. Notre objectif c’est d’en profiter au maximum sans blessure jusqu’à la finish line samedi.

Le soleil se couche doucement, il est 19h30 et nous nous apprĂŞtons nous aussi Ă  dormir.

Dimanche 5 avril

Étape 1 : 35 km

C’est une étape d’acclimatation, le parcours n’est pas trop difficile à priori.

Notre tente se rĂ©veille Ă  5h15 pour avoir le temps de prendre le petit dĂ©jeuner, s’habiller, vĂ©rifier le sac et que tout soit bien rangĂ© au bon endroit, passer aux « toilettes Â».

Le départ est donné à 7h sur la musique d’ACDC Highway to hell.

Pour cette étape, le sol est sablonneux et caillouteux.

Laurent et moi avons fait l’étape ensemble, avec un sac manifestement trop lourd.

Nous arrivons vers 15h, au même campement, je passe à la clinique pour soigner les premières ampoules.

Nous récupérons notre bidon de 5litres d’eau (toujours pas de pastis) qui doit nous permettre de tenir jusqu’au 1er check point du lendemain.

Pour ma part, j’ai subi l’étape, chaque check point me permettait de me décharger de mon sac quelques minutes.

Au retour dans la tente, les filles m’ont aidé à refaire mon sac et à me délester de quelques kilos (surtout de la nourriture).

Lundi 6 avril

Nuit pas terrible je n’ai pas beaucoup dormi.

Étape 2 : 40,5 km

Le départ est donné à 6h toujours sur la même musique. Nous avons tous notre frontale sur la ligne de départ.

C’est le jour et la nuit, la gazelle du désert est enfin là. Les kilos en moins font toute la différence.

Laurent et moi n’avons pas la même stratégie de course ni la même allure.

Je m’arrête à tous les check point d’où je repars avec Laurent, qui lui ne fait pas de pause.

Un peu plus de dénivelé qu’hier, paysages toujours aussi magnifiques.

Nous franchissons la ligne d’arrivée ensemble vers 15h.

Nous avons changé de lieu de campement, il nous faut retrouver notre tente du côté français.

Nous allons récupérer notre bidon d’eau et allons tous les deux à la clinique pour soigner nos ampoules.

Repos bien mérité, dîner lyophilisé et c’est l’heure de dormir.

Mardi 7 avril

Nuit difficile, le terrain est caillouteux.

Laurent et moi n’avons pas gardé nos tapis de sol, erreur ou pas ? Trop tard, l’objectif était que notre omoplate ne se retrouve pas sur la pointe d’un caillou.

Étape 3 : Petite Ă©tape aujourd’hui de 29,1 km

Le départ est donné à 7h.

Pas mal de dénivelé aujourd’hui et une partie très technique.

Le soleil a du mal Ă  percer, le ciel est plutĂ´t nuageux.

Nous traversons un djebel (dune rocheuse). Un pas devant l’autre sans se précipiter sinon c’est la chute assurée. Pas de possibilité de doubler. J’ai trouvé cette partie plutôt fun, cela nous change du plat caillouteux.

Laurent et moi nous sommes retrouvés au dernier check point pour passer ensemble la ligne d’arrivée vers 14h, au même campement.

Cela nous laisse du temps pour faire soigner les ampoules et nous reposer avant la grande Ă©preuve qui dĂ©bute demain. 

C’est aussi le moment de recharger les batteries…de la montre et de la lampe frontale.

Mercredi 8 et jeudi 9 avril

Étape 4

Ça y est nous y sommes, cette fameuse Ă©tape de 100 km, distance la plus longue depuis la crĂ©ation du MDS. 

Le réveil est mis à 4h00 du matin pour un départ à 5h (sauf pour une des filles de la tente qui partira 2h après nous).

Le départ est donné à 5h toujours sur la musique de ACDC.

PlutĂ´t que de voir une Ă©tape de 100 km, Laurent et moi pensons les distances check point par check point (comme la majoritĂ© des participants). Mentalement c’est beaucoup plus facile Ă  gĂ©rer.

Comme nous n’avons pas la même stratégie de course Laurent et moi, nous faisons cette étape à notre rythme.

Mon problème de transit (apparu quelques jours plus tôt) n’étant pas résolu, les arrêts aux cheks point sont nécessaires.

Cette grande étape me permet de rencontrer d’autres participants. On échange, on partage des parties de nos vies, le temps passe plus vite entre deux CP.

En milieu de matinée nous avons gravi et descendu une sacrée dune. C’est de là que nous avons vu les top 100 nous doubler alors qu’ils étaient partis 2h après nous.

Au CP4, c’est la climatisation qui nous est offerte, avec le décodeur c’est un tour de cou avec glaçons intégrés.

Pour la partie de nuit, le mental est là pour me faire avancer même si parfois j’ai des baisses de régime.

Je me suis arrĂŞtĂ©e au CP7 (61km) pour manger mon taboulĂ© lyophilisĂ©, j’ai retrouvĂ© Laurent au CP8 alors que je venais de me poser dans une chaise longue autour du feu de camp (70 km) et j’ai dormi un peu au CP9 (2h je pense mais je n’ai pas regardĂ© ma montre).

Au CP11, le jour commençait à se lever, j’ai fait une longue pause pour manger un peu. Dernier check point avant l’arrivée.

Vers 10h15 ce jeudi 9 avril, je franchissais la ligne d’arrivée, Laurent était déjà là. C’est un nouveau lieu de bivouac.

J’ai réussi à tenir la distance, ma montre non. Ça coûte cher et ça ne remplit pas l’objectif.

Direction la clinique pour les ampoules et mon problème de transit. Le Tiorfan ne fait pas effet apparemment. Le médecin me donne une dose de cheval.

En arrivant en milieu de matinée, cela nous permet de nous reposer et d’essayer de récupérer de cette longue étape. Sauf qu’une tempête de sable vient gâcher ce plaisir. J’arrive quand même à somnoler 2 fois 2 heures, entrecoupé d’une pause déjeuner.

J’arrive maintenant à avaler toute la gamelle, alors que j’en jetais quasiment la moitié sur les précédentes étapes.

Le vent se calme en fin de journée, la tente berbère a subi quelques désagréments et a eu besoin de quelques points de suture.

Vendredi 10 avril

Étape 5 : marathon

Dur dur de repartir sur une nouvelle étape après ces 100 bornes mais une fois dans le sas de départ le cerveau est verrouillé en mode marche.

Le départ est donné à 6h30 (lever vers 5h15).

Comme l’étape précédente, Laurent et moi allons à notre rythme, nous ne sommes pas ensemble.

Je croise des personnes avec qui j’avais déjà échangé les dernières fois (Julie, Sandra, …).

Nous traversons une dune encore plus haute que sur les précédents jours. Et la vue d’en haut est à couper le souffle. Je redeviens une gamine de 5 ans dans la descente, c’est génial.

En fin de parcours, c’est une succession de petites dunes. Ça paraît facile à première vue mais la tempête de sable complique un peu les choses. Je me mets derrière Manu, pas pour me protéger du vent parce qu’il n’est guère plus grand que moi, mais parce que je mets mes pas dans ces traces, mon pied s’enfonce moins dans le sable. C’est la technique que j’ai trouvée pour gravir toutes les dunes précédentes.

L’arrivée est compliquée, on aperçoit le bivouac d’assez loin et j’ai l’impression de faire du sur place, de ne pas avancer.

J’arrive vers 16h15 et j’attends Laurent.

Je vais à la clinique pour la dernière fois me faire soigner les ampoules.

A 18h, l’organisation distribue des fruits frais (banane et orange). Laurent arrive à ce moment-là, il est à la tente à mon retour.

Dernier dĂ®ner et dernière nuit au bivouac. 

Laurent est allé à la clinique en fin de journée, il fait déjà nuit quand il en ressort. Il dîne vite fait et extinction des feux. Tout le monde dort déjà dans la tente.

Le sac est tout léger.

Samedi 11 avril

Dernière Ă©tape : un peu plus qu’un semi-marathon 23,2 km

La der des ders

Le départ est donné à 6h30.

Ce ne sera principalement que des dunes (petites) et qui dit dunes dit dénivelé.

Il n’y a que deux check point sur cette épreuve, après le CP2, grosse tempête de sable. Ça fait effet peeling sur le visage.

Avec le tour de cou montĂ© jusqu’aux lunettes, j’arrive sur la finish line vers midi. Quel bonheur d’être arrivĂ©e au bout de cette extraordinaire aventure. 

La médaille autour du cou, j’ovationne Laurent qui arrive un peu après moi.

« I am a LEGEND »

On discute un long moment avec les bénévoles avant de monter dans le bus qui nous ramènera à l’hôtel Karam Palace de Ouarzazate.

Magnifique

Dépassement de soi

Solidarité

Cette année, pour la première fois, les arrêts de course sont inférieurs à 10% (6% pour cette 40e édition).

Du samedi 11 avril 20h au lundi 13 avril

Après 6h30 de bus, nous retrouvons nos valises au Karam Palace à Ouarzazate et récupérons les clés des chambres.

Hôtel de luxe, rien que ça, pour nous permettre de récupérer avant de prendre l’avion lundi.

La soirée de gala dimanche 12 avril a été l’occasion de remettre les trophées et de visionner le film du MDS LEGENDARY 2026.

Lundi 13 avril, nous prenons le bus Ă  6h du matin et arrivons Ă  Marrakech vers 10h30.

Notre avion décollera à 19h10 et nous arriverons à Roissy-Charles de Gaulle à 23h30.

Merci à vous tous d’avoir cru en nous, de nous avoir soutenu tout au long de notre préparation, de nous avoir encouragés, de nous avoir suivis durant cette aventure.

Bravo à vous, vous êtes finisher, vous étiez avec nous.

Il y a un avant et un après MDS, c’est ce que nous avait dit l’organisateur lors du discours d’accueil. Nous confirmons, c’est l’aventure d’une vie, c’est le dépassement de soi, c’est le partage, ce sont les valeurs humaines avec un grand H.

Et cette belle aventure humaine a mis à l’honneur Léon, toujours souriant dans sa joëlette, combatif, déterminé à aller jusqu’au bout. Ça force le respect

Voilà, notre aventure s’achève.

Merci Ă  tous

Florence alias la gazelle du désert et Laurent alias Lolo de la colo